Festival francophone itinérant du reportage court et du documentaire France Monde-France Océans 2019



Du 04 au 16 février 2020, la ville de Vichy a accueilli le festival francophone itinérant du reportage court et du documentaire France Monde-France Océans. Ce festival rassemble des jeunes journalistes du monde pour réfléchir sur une thématique. Le thème de cette cinquième édition était « Climat et environnement ». Au cours de ce festival ont été projetés des films en compétition pour différent prix. Ces séances de projections étaient suivies d’échange avec les réalisateurs.


Une initiative de l’association « Sur les pas d’Albert Londres »

Créée en novembre 2012, “Sur les pas d’Albert Londres” est une association à but non lucratif. Elle prône la valorisation des formations universitaires locales ; de la francophonie à travers l’échange des jeunes français et étrangers. Pour atteindre ses objectifs, Sur les pas d’Albert Londres a choisi la voie des médias : presse écrite, radio ou vidéo. C’est ainsi qu’est né en 2014 le festival francophone itinérant du reportage court et du documentaire France Monde-France Océans. Présidée par Jean-Claude MAIRAL, l’association compte une vingtaine d’adhérents et 6 membres actifs qui constituent le bureau. Depuis janvier 2020, elle a changé de nom pour devenir « Planète Jeunes Reporters Sur les pas d’Albert Londres ».

Une compétition de court-métrages

Pour ce festival, il y avait dix-sept films en compétition. Les participants concourraient pour six prix : le Grand prix et le prix du public décernés à Sally Bilaly SOW de la république du Guinée ; le prix des jeunes au duo Martin DELACOUX de la France et Alexendros KOTTIS de la Grèce ; le prix du CAVILAM Francophonie Plurielle reçu par l’algérien Rheda MENASSEL ; le prix de l’OFQJ France (Office Franco-Québécois pour la Jeunesse) remporté par Mayline MEYNARDS de la France ; le prix des alliances françaises et des lycées (décerné pour les jeunes de 5 à 18 ans) à la française Mayline MEYNARDS puis une distinction spéciale coup de cœur du jury attribué au béninois Adéhéma FAGBOHOUN. Tous les court-métrages venus des quatre coins du monde traitaient des enjeux climatiques et environnementaux. Sally Bilaly SOW à travers « Bauxite : les ravages d’un business » a parlé de l’exploitation anarchique de la bauxite dans son pays et de l’inexploitation massive des mangues dans « Les mangues : trésor inexploité ». Le duo franco-grèce avec « alerte : le béton tue » alertait sur le danger qui menace les espaces dans les deux pays suite à des projets de construction. Rheda MENASSEL a présenté « Amar ADJILI : le don Quichotte de l’écologie », un héros de l’écologie en Algérie. « Inondations : la nature avait pourtant tout prévu » de Mayline MEYNARDS sensibilise sur le rôle primordial des mangroves pour lutter contre les inondations. De la Colombie, Sara GONZALEZ NARVAEZ a présenté « Bogota veut être vert », les efforts écologiques dans ladite ville. Si Adéhéma FAGBOHOUN, n’a remporté aucun prix prévu, il a réussi à se faire distinguer grâce à son reportage « solutions vertes » dans lequel il présente une innovation écologique : la production du charbon à base de mauvaises herbes. 

Un festival itinérant

Dix-huit villes ont reçu chez eux le festival francophone itinérant du reportage court et du documentaire France Monde-France Océans. Répartir en groupe chaque jour pendant le festival, les participants partaient dans les villes aux environs de Vichy pour des séances de projections et de débats. Les journées se passaient entre Lyon, Brioude, Murat, Chatel-Guyon, Thiers, Riom, Lapalisse, Cusset, Bellerive-sur-Allier, Commentry, Saint-Pourçain-sur-Sioule, Bellenaves, Montluçon, Moulins, Châtel-Montagne, Gannat, Creuzier-le-Vieux et Vichy la ville mère du festival. Cette tournée cinématographique confère au festival le thème d’itinérance. Les écoles, lycées, universités, maison de retraites, centres culturels étaient les cibles phares au cours de ces 12 jours d’activités intenses. 


Un creuset de réflexion sur les médias et les enjeux climatiques

A part les séances de projections, les participants pour la plupart des journalistes venus des quatre coins du monde, étaient des panélistes dans différents ateliers d’échange avec les jeunes des localités qui les accueillent. Par exemple le 13 février, c’était au Campus Universitaire de Moulins qu’ils ont animés différents ateliers sur « les médias et les enjeux du climat ». Après les ateliers, la journée s’est terminée sur une table ronde animée par Juliette MOYER, journaliste à RCF Allier (Radio Chrétienne Francophone). Elle avait à sa table Catherine BOUCHARD et Juliette LEFEBVRE, toutes deux journalistes à Radio Canada ; Arnaud GALY, éditeur d’agora francophone ; Eric DUPUY, journaliste aux Caraïbes ; Benjamin BOUTIN, président Francophonie sans frontière ; Jean KOUCHNER, vice-président de l’Union Internationale de la Presse Francophone ; Augustin BRUTUS, président de l’ONG INDP et Ousmane SENE, journaliste au Sénégal. Plusieurs idées clés sont issues de cette table ronde. Quand la question des responsabilités va se poser : « comment les journalistes peuvent faire pour mieux accrocher les jeunes aux questions des changements climatiques », tous les panélistes se sont mis d’accord sur le fait que le rôle principal du journalisme traditionnel est d’informer même s’il se doit d’accrocher son auditoire. 
Ensuite, Jean KOUCHNER souleva le problème de l’indépendance des médias faces à ses grands patrons. Car les journalistes sont menacés par les grandes firmes quand ses derniers traitent des sujets sur le climat et l’environnement. Il lancera ainsi un appel : « on n’arrivera pas à faire la révolution nous seuls ». Cet appel sera soutenu par Augustin BRUTUS : « l’activisme est un appel lancé à tout le monde.» A en croire ses propos, « on connaît assez sur le changement climatique. Il faut éviter la consommation de l’information ». Quant à la crédibilité des journalistes dans cette tempête de fake news la course aux scoops va être débattue. Pour Juliette LEFEBVRE, « Plus c’est rapide, moins on a le temps de faire les choses. » 

Le journalisme des solutions, l’avenir des médias

C’est ce nouveau type de journalisme qui a été présenté et défendu par Lauriane PLOIX, rédactrice en chef du journal « Tout va bien » et Anaïs Dedieu, chargée d’études à Reporters d’Espoirs. Pourquoi défendre ? Quand un journaliste participant a interrogé Lauriane sur le nom de son journal ‘’tout va bien’’ ; elle dira que « c’est une question de choix. Elle va à l’encontre de la méthode journalistique qui est de parler que de ce qui va mal : ‘’ce qui fait le buzz’’ ». Elle explique par-là que le journalisme de solution a pour vocation de changer le dogme du journalisme traditionnel. D’ailleurs, le thème de cette conférence du 14 février qui s’est tenu au Pôle Universitaire de Vichy était : « Le journalisme des solutions, l’avenir des médias. » Pour lui venir en appui, Anaïs va parler du vote autoritaire qui est en partie motiver pas le journalisme traditionnel. En effet : « plus on montre ce qui va mal, plus les téléspectateurs se disent qu’ils ne peuvent rien faire pour changer les choses du coup il faut voter un héros pour changer les choses ». C’est pourquoi le journalisme des solutions a sa raison d’être pour montrer aux téléspectateurs ce qui va bien, ce qu’ils peuvent faire pour changer les choses. De manière plus explicite, elles diront que le journalisme des solutions, c’est les cinq W (who/what/where/when/why) du journalisme traditionnel plus ‘’what now’’. 
Dans ce contexte où les changements climatiques font débats, ce type de journalisme serait l’idéal pour transformer l’auditoire en activiste aussi à travers les médias. Car « l’activisme est un appel lancé à tout le monde » pour sauver la planète.








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